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Old 04-24-2005, 09:55 AM   #1
kimusubi0
 
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Dojo: Centro em Movimento, Lisboa
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Aikido et prison technique?

Imaginons qu'en voulant dire quelque chose vous êtes toujours obligé de prendre conscience du mouvement articulatoire do vos mâchoires, de vos lèvres, du mouvement exécuté par notre langue, du son émis, de la respiration, du sens des mots que l'on profère, de la construction de la phrase, etc.
Il est probable que l'espace qu'occupe toute cette information dans notre mental, et l'agitation qu'elle va indirectement provoquer, va probablement limiter notre spontanéité ou même bloquer complètement notre compréhension ou encore capacité de faire quelque chose qui est un minimum de sens ou d'efficience.

Il est donc nécessaire de faire tout ceci sans jamais "trébucher" sur un problème d'expression, technique, ou articulatoire, en ajoutant que notre intention devra correspondre exactement et presque toujours inconsciemment, au mouvement correspondant qui déterminera avec une grande précision ce que vous voulez dire.

Nous pouvons tout de suite déduire que l'apprentissage technique du parler n'est pas tout à fait la même chose que le produit final "parler".
En début d'apprentissage, nous faisons laborieusement ce qui doit être fait et on a tendance à enrôler trop de recours á la tâche et de mobiliser notre mental sans concordance (en bloquant les possibilités d'adaptation).

L'apprentissage d'une "bonne" technique sera celle qui se comportera comme une porte à franchir, et qui pourra déclencher une prise de conscience sur les éléments juste nécessaires à mettre en jeux, pour nous exprimer correctement.
D'une certaine façon, ce qui est mis en jeux devra prendre une importance de "deuxième plan" pour mieux exécuter harmonieusement ce qui est intentionnel ou nécessaire.

Ainsi, il en est pour l'Aïkido, les techniques ne sont pas faites pour se perpétuer pour elle-même, ou pour créer un ensemble encyclopédique (exclusivement au service des examens de grades ou des "démonstrations"), mais sont destinées à tout simplement "disparaître" par assimilation (pour que leur utilisation soit adaptée à notre service).
Quand on dit quelque chose, on ne pense pas: "je vais articuler avec ma mâchoire supérieure et inférieure ce mot ou cette phrase" mais on le dit tout simplement.

À partir d'un certain niveau de pratique, l'idéal c'est que se soit l'intention qui "donne forme". Les techniques devront être apprises en utilisant les recours juste nécessaire (et pas plus!), pour pouvoir garder la possibilité de bouger librement, d'être vigilent.

La conscience du mouvement et la conscience du corps sont deux niveaux qui sont liés, mais qui ne faut pas confondre.
Si par exemple, notre colonne vertébrale est trop inclinée vers le bas et que nos épaules sont courbées de la même façon en avant (la partie supérieure de notre poitrine sera bloquée), en déplaçant de cette façon nos mains vers le haut, nous pouvons constater que la mobilité des bras est amoindrit et que la "liaison" entre nos pieds (les appuis) et nos mains ne sera pas optimisé à partir d'une certaine inclinaison. La tentative de résoudre un mouvement sans s'occuper des conditions de sa réalisation est vaine.

Apprendre les alignements et la notion de centre, dans la pratique, n'est pas fait pour sacraliser des détails contingents de la technique, en relation avec une attitude tout aussi contingente, décisions ou positions spécifiques déterminées, mais plutôt à percevoir un "environnement" et pouvoir l'interpréter (sans agitation et correctement) suivant ces métamorphoses et/ou sa naturelle diversité.

Jean-Marc
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"Tu as le droit à l'action, mais seulement à l'action, et jamais à ces fruits; que les fruits de tes actions ne soient point ton mobile; et pourtant ne permets en toi aucun attachement à l'inaction. Bh G"
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